Accompagnement en redressement judiciaire : avis de M Planque
M Planque dirige une SARL, un commerce d'Amiens. Deffiperf Gestion est intervenu en assistance auprès de lui pendant la période d'observation de son redressement judiciaire. La période d'observation est une étape clé pour redresser le cap de l'entreprise, parce que c'est le moment où l'activité continue pendant que le dossier se construit.
Un commerce d'Amiens pendant la période d'observation
Dans l'imaginaire courant, le redressement judiciaire est un arrêt. C'est le contraire : l'activité se poursuit. Le magasin ouvre, les salariés travaillent, les commandes partent, les clients paient. Ce qui change, c'est que tout se fait désormais sous le regard d'organes désignés par le tribunal et que chaque décision engageante doit pouvoir être expliquée.
Pour un commerce, cette continuité pose des questions très matérielles. Que commander, et à quel volume, quand les fournisseurs resserrent leurs conditions. Quelles références conserver en rayon, lesquelles arrêter. Comment tenir un niveau de stock qui ne consomme pas la trésorerie du mois. Ces arbitrages tombent chaque semaine et n'attendent pas le calendrier de la procédure.
La difficulté est aussi personnelle. Le dirigeant continue de diriger tout en rendant des comptes à des interlocuteurs qu'il ne connaissait pas la veille. C'est là qu'un rythme de travail régulier, avec des documents toujours présentés de la même façon, fait la différence entre un dossier subi et un dossier tenu.
« Très Rassurant »
Voici son avis complet.
« Si un doute pouvait exister avant même le premier contact, rapidement il s'est installé une très bonne relation surtout par le suivi quotidien pour que les problèmes soient bien cernés.
Ce suivi quotidien dans un climat serein et de confiance a fait que les difficultés ne paraissent plus insurmontables et des solutions se sont dégagées.
Accompagnement qualitatif et donc très rassurant ».
M Planque, dirigeant d'un commerce d'Amiens
Le suivi quotidien n'est pas une formule de politesse : en période d'observation, une position de trésorerie vieille de trois jours ne sert déjà plus à grand chose. Le même dirigeant nous avait précédemment confié la mise en place d'un prévisionnel et d'un suivi de trésorerie dans son commerce de proximité.
Le quotidien de la gestion, pendant l'observation
Le contenu du travail est simple à décrire et exigeant à tenir. Il consiste à produire, chaque semaine, une image fiable de la situation, et à la produire toujours au même format pour que les écarts sautent aux yeux.
La position de trésorerie
Relevé bancaire réel, engagements de la semaine, encaissements attendus. Pas de solde théorique tiré de la comptabilité.
Le tri des flux
Ce qui relève de la période antérieure à l'ouverture et ce qui relève de la suite ne se traitent pas de la même façon. Ce tri est fixé par la procédure : la gestion se contente de l'appliquer sans erreur.
La marge, référence par référence
Dans un commerce, la trésorerie se joue autant sur le mix vendu que sur le chiffre d'affaires total. On regarde ce qui rapporte, pas seulement ce qui tourne.
Les coûts qui peuvent bouger
Abonnements, contrats reconduits tacitement, énergie, assurances, prestations dormantes. C'est le gisement le plus rapide, et le moins douloureux socialement.
Le point d'étape
Un document unique, mis à jour, remis aux interlocuteurs de l'entreprise avant qu'ils ne le réclament.
Ce dernier point est celui que les dirigeants sous estiment le plus. La mise en place d'indicateurs et de tableaux de pilotage ne sert pas qu'à décider en interne : elle sert aussi à démontrer que l'entreprise sait où elle en est. Sur ce terrain, la régularité vaut mieux que la sophistication.
Une échéance administrative s'ajoute au tableau et ne connaît pas d'exception pour les entreprises en difficulté. Au 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit être en capacité de recevoir ses factures fournisseurs au format électronique, via une plateforme agréée. Le portail public n'assure plus l'échange de factures et il n'existe aucune solution publique gratuite. Une entreprise qui n'a pas choisi et déclaré sa plateforme ne recevra plus les factures de ses fournisseurs : en pleine période d'observation, la conséquence serait un litige de plus, évitable pour un coût modeste.
Le volet humain se pilote lui aussi. Les salariés apprennent vite qu'une procédure est ouverte, par la rumeur si personne ne leur parle. Un point d'information régulier, court, factuel, sur ce qui est décidé et ce qui ne l'est pas encore, coûte une demi heure par semaine et évite les départs de compétences clés au pire moment. Dans un commerce, le personnel de vente est en contact direct avec les clients : ce qu'il dit du dossier compte autant que le dossier lui même.
Point de vigilance Une procédure collective relève du tribunal, de l'administrateur ou du mandataire judiciaire désigné, et de l'avocat de l'entreprise. Deffiperf Gestion ne donne aucun conseil juridique et n'intervient pas sur la conduite de la procédure. Notre travail porte sur la gestion, les chiffres et le pilotage de l'exploitation, en appui des professionnels du droit qui suivent le dossier.
Le volet social : le contrat de sécurisation professionnelle
Quand une réorganisation conduit à des licenciements pour motif économique, le contrat de sécurisation professionnelle s'invite dans le dossier. Il découle de la convention interprofessionnelle du 26 janvier 2015, prorogée jusqu'au 31 décembre 2026 par l'avenant n° 11 du 25 novembre 2025, agréé par arrêté du 24 décembre 2025.
La règle de champ est la suivante : la proposition est obligatoire dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, et elle l'est quelle que soit la taille de l'entreprise en redressement ou en liquidation judiciaire. Au delà de ce seuil et hors procédure, c'est le congé de reclassement qui s'applique. Le dispositif vise les salariés en contrat à durée indéterminée concernés par un licenciement économique.
Le salarié dispose de 21 jours calendaires pour se décider. Ce délai n'est pas réductible, même quand le calendrier de la procédure presse. L'acceptation vaut rupture d'un commun accord, sans préavis exécuté, et ouvre un accompagnement renforcé de 12 mois au maximum par France Travail. Le détail du dispositif est développé dans notre article sur le contrat de sécurisation professionnelle.
À retenir L'allocation de sécurisation professionnelle s'élève à 75 pour cent du salaire journalier de référence brut pendant 12 mois pour un salarié d'au moins un an d'ancienneté. En dessous d'un an, le montant est égal à l'allocation d'aide au retour à l'emploi. À l'issue, la bascule vers cette allocation se fait sans différé ni délai d'attente. L'employeur verse à France Travail une somme égale à l'indemnité de préavis dans la limite de trois mois de salaire brut, l'indemnité de licenciement restant due.
Qui défaille aujourd'hui, et pourquoi le délai compte
Le contexte n'excuse rien mais il explique beaucoup. Selon Altares, 69 957 défaillances ont été enregistrées en France sur l'année civile 2025, en hausse de 3,1 pour cent, avec environ 267 000 emplois menacés. En Hauts-de-France, l'INSEE compte 4 999 défaillances la même année, en hausse de 3,6 pour cent. Ces deux séries reposent sur des périmètres différents et se lisent séparément.
Le mouvement n'est pas uniforme. À fin juin 2026, en glissement annuel, la Banque de France relève une hausse de 16,5 pour cent dans l'agriculture, de 10,1 pour cent dans le conseil et les services aux entreprises, de 7,5 pour cent dans l'hébergement et la restauration, alors que la construction recule de 1,6 pour cent. Les microentreprises constituent la part la plus importante des défaillances, et la progression la plus rapide concerne les entreprises de taille moyenne, à plus 12,7 pour cent.
Reste la question du moment. La Banque de France observe, sur la médiation du crédit, que le taux d'éligibilité des dossiers est tombé à 43 pour cent en 2025 contre 64 pour cent en 2019, et que 22 pour cent des rejets tiennent à une situation déjà trop dégradée, contre 13 pour cent en 2022. Autrement dit, l'outil existe toujours, mais il arrive de plus en plus souvent trop tard. Le même raisonnement vaut pour les procédures : la procédure de sauvegarde, ouverte avant la cessation des paiements, laisse mécaniquement plus d'options qu'un redressement.
Ce que Deffiperf tient, et ce qui ne relève pas de nous
Notre part du travail se résume à trois livrables tenus dans la durée : une position de trésorerie fiable et actualisée, une lecture des marges qui dit où l'entreprise gagne et où elle perd, et un dossier de suivi présenté toujours de la même façon. S'y ajoute le travail de fond sur la réduction et la maîtrise des coûts, qui produit des effets plus vite que n'importe quelle décision commerciale.
Le suivi de trésorerie reste le coeur du dispositif, parce qu'en période d'observation la trésorerie est à la fois le juge de paix et le sujet de toutes les questions posées à l'entreprise. Le reste, la stratégie juridique, la rédaction des actes, la représentation devant le tribunal, l'établissement des comptes annuels, appartient à l'avocat, au mandataire et à l'expert comptable. Un accompagnement de gestion travaille en parallèle des leurs, sur les mêmes chiffres.