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Prévisionnel de gestion de trésorerie mois par mois établi pour une TPE

Comment reprendre la main sur votre gestion de trésorerie ?

Sortir ses relevés bancaires ne suffit pas : voici comment construire et suivre une gestion de trésorerie qui anticipe vos échéances.

Beaucoup de dirigeants estiment suivre leur trésorerie parce qu'ils sortent leurs relevés bancaires régulièrement. La gestion de trésorerie commence pourtant là où le relevé s'arrête : elle consiste à prévoir vos encaissements et vos décaissements, puis à prendre les bonnes mesures au bon moment. Deffiperf Gestion vous accompagne pour ne plus naviguer à vue sur une priorité aussi quotidienne.

Le budget et le plan de trésorerie, mois par mois

Le budget de trésorerie recense l'ensemble de vos flux, mois par mois, sur votre exercice social. Nous le construisons avec vous, dans le prolongement de votre pilotage financier et comptable, en partant de vos données réelles et non d'un modèle théorique. Le plan de trésorerie répond à la même logique et se tient à jour au même rythme.

  1. Recenser vos encaissements

    Chiffre d'affaires prévisionnel TTC, apports en capital et en compte courant, subventions reçues, produits financiers, remboursements d'impôts.

  2. Recenser vos décaissements

    Achats de matières premières, investissements, frais courants, charges fiscales (TVA, IS, CVAE, CFE) et charges sociales (salaires nets, cotisations salariales et patronales).

  3. Positionner les délais de paiement

    Chaque flux est décalé selon vos délais clients et fournisseurs réels, faute de quoi le plan annonce des entrées d'argent au mauvais mois.

  4. Comparer le prévu et le réalisé

    Le suivi mensuel montre les écarts, explique leur origine et déclenche les arbitrages avant que la situation ne se tende.

Cette maîtrise des flux poursuit deux objectifs très concrets. Éviter d'abord les découverts bancaires artificiels, ceux qui naissent d'un simple décalage de calendrier et qui génèrent des agios et des commissions pour rien. Placer ensuite vos excédents sur des comptes rémunérés quand la période s'y prête, plutôt que de les laisser dormir.

La ligne la plus souvent mal positionnée est celle de la TVA. Elle s'encaisse avec la facture client mais se reverse selon un calendrier propre, et une entreprise en croissance rapide reverse ainsi une TVA sur des factures que ses clients n'ont pas encore payées. Les échéances sociales et l'impôt sur les sociétés produisent le même décalage.

Prévisionnel, tableau de financement et bilan fonctionnel

Le prévisionnel prolonge la même construction sur trois exercices. Il s'articule avec le suivi de vos budgets et sert dès qu'une décision engage l'entreprise au delà de l'année en cours, à commencer par un investissement matériel comme l'achat d'une machine.

Il devient indispensable lorsque vous développez une nouvelle activité : le document s'intègre alors à votre business plan et permet d'étudier la viabilité du projet. À l'inverse, il éclaire aussi les conséquences d'une perte d'activité, en montrant à quel moment la trésorerie se tend et quelles actions structurelles de réduction des coûts engager.

D'autres documents complètent ce dispositif. Le tableau de financement étudie la variation des emplois et des ressources : il montre comment les ressources dégagées ont financé les sorties de l'exercice. Les tableaux de flux servent, eux, à analyser la stratégie financière, à juger de la maîtrise de la trésorerie et à porter un avis sur la santé financière de l'entreprise. Le bilan fonctionnel reprend la même matière par fonction, exploitation, investissement et financement, pour vérifier que les ressources servent bien à financer les emplois correspondants.

Facturation électronique : l'échéance du 1er septembre 2026

C'est la première échéance à inscrire dans le calendrier de trésorerie, parce qu'elle conditionne la réception même de vos factures fournisseurs. Toute entreprise assujettie à la TVA établie en France, y compris un micro entrepreneur en franchise, doit être en capacité de recevoir des factures électroniques au 1er septembre 2026. Le calendrier a été confirmé par la DGFiP en février 2026 et le cadre bouclé par le décret n° 2026-677 et l'arrêté du 27 juillet 2026.

ÉchéanceCe qui s'applique
1er septembre 2026Toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en capacité de recevoir des factures électroniques.
1er septembre 2026Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire doivent émettre leurs factures au format électronique et transmettre leur e-reporting.
1er septembre 2027Les TPE, les PME et les micro entreprises doivent à leur tour émettre leurs factures électroniques et transmettre leur e-reporting.

Le dispositif repose sur des plateformes agréées, et le passage par l'une d'elles est obligatoire pour émettre, transmettre et recevoir. L'État conserve un annuaire central, ouvert le 18 septembre 2025, ainsi qu'un rôle de concentrateur des données transmises à l'administration.

Schema du parcours d une facture electronique entre le fournisseur, sa plateforme agreee, l annuaire central de l administration et la plateforme du clientSchéma de principe du circuit prévu par la réforme : l'échange transite par des plateformes agréées, l'administration conservant l'annuaire central et la collecte des données.Le parcours d'une facture électroniqueVotrefournisseurSa plateformeagrééeAnnuairecentral etadministrationVotre plateformeagrééeVotre logicielde gestionSans plateforme déclarée, la facture de votre fournisseur ne vous atteint pasRéception obligatoire au 1er septembre 2026, émission au 1er septembre 2027 pour les TPE et PME
Schéma de principe du circuit prévu par la réforme : l'échange transite par des plateformes agréées, l'administration conservant l'annuaire central et la collecte des données.

Point de vigilance

Il n'existe aucune solution publique gratuite d'échange de factures. Le portail public de facturation n'assure plus cette fonction : son développement a été arrêté, ce qu'a entériné l'article 123 de la loi de finances pour 2026. Chaque entreprise doit donc choisir et déclarer elle même une plateforme agréée.

Ce qu'une TPE doit avoir réglé avant l'échéance

La préparation est courte mais elle ne s'improvise pas la dernière semaine. Elle touche à la fois au choix d'un prestataire, à la qualité de vos données d'identification et à vos procédures internes, puisque le circuit d'arrivée des factures fournisseurs va changer.

  • Choisir et déclarer sa plateforme

    Sans plateforme agréée déclarée, l'entreprise ne peut pas recevoir les factures de ses fournisseurs à compter du 1er septembre 2026.

  • Fiabiliser ses données

    SIREN, adresses, coordonnées de facturation et référence de vos clients doivent être exacts, sous peine de rejets à répétition.

  • Préparer les nouvelles mentions

    Les modèles de facture et les paramètres du logiciel doivent intégrer les mentions rendues obligatoires à la même date.

Ces mentions nouvelles sont au nombre de quatre : le SIREN du client, la catégorie de l'opération (livraison de biens, prestation de services, ou opération mixte), la mention de l'option pour le paiement de la TVA d'après les débits lorsqu'elle a été retenue, et l'adresse de livraison lorsqu'elle diffère de l'adresse de facturation. Elles s'ajoutent aux mentions déjà exigées aujourd'hui.

Pendant le démarrage, il reste prudent de continuer à traiter les factures arrivant par d'autres canaux. Une TPE n'est pas obligée d'émettre avant le 1er septembre 2027, mais rien ne l'empêche de commencer plus tôt. À partir de cette date, le PDF par courriel et le papier ne seront plus valables entre professionnels. La DGFiP a annoncé une application progressive et pédagogique des sanctions au démarrage.

Les délais de paiement, premier levier sur votre trésorerie

Aucun plan de trésorerie ne résiste à des encaissements systématiquement en retard. Le sujet est d'abord juridique, et le cadre est précis : le délai supplétif, à défaut d'accord entre les parties, est de 30 jours après réception des marchandises ou exécution de la prestation. Le plafond de droit commun est de 60 jours à compter de l'émission de la facture, et le plafond dérogatoire de 45 jours fin de mois suppose une stipulation expresse au contrat. Ce cadre pèse directement sur vos marges et votre rentabilité, puisque le financement du décalage a un coût.

Diagramme en barres des delais de paiement legaux en jours et du retard moyen constate fin 2024Les trois premiers repères sont des plafonds fixés par la loi. Le quatrième est le retard moyen de paiement constaté fin 2024, soit 13,6 jours, selon le rapport 2024 de l'Observatoire des délais de paiement publié le 11 juillet 2025.Délais de paiement entre entreprises, en jours30 j45 j60 j13,6 jDélai supplétif45 jours fin de moisPlafond de droit communRetard moyen fin 2024Trois plafonds légaux et le retard moyen constaté par l'Observatoire des délais de paiement
Les trois premiers repères sont des plafonds fixés par la loi. Le quatrième est le retard moyen de paiement constaté fin 2024, soit 13,6 jours, selon le rapport 2024 de l'Observatoire des délais de paiement publié le 11 juillet 2025.

Ce retard moyen de 13,6 jours à fin 2024, en hausse d'un jour sur un an selon ce même rapport de l'Observatoire des délais de paiement, se traduit par un coût de trésorerie estimé à environ 15 milliards d'euros pour les PME et les TPE. Le rapport relève aussi qu'environ 18 jours de retard sont constatés pour les entreprises de 1 000 salariés et plus, et que plus des deux tiers des PME paient sous 60 jours.

Face à un impayé, deux leviers existent de plein droit, sans avoir à les négocier. Les pénalités de retard sont dues dès le lendemain de l'échéance : à défaut de taux contractuel, le taux applicable est celui du refinancement de la Banque centrale européenne majoré de 10 points, et un taux contractuel ne peut pas descendre en dessous de trois fois le taux d'intérêt légal, fixé à 2,75 % pour les créances professionnelles au second semestre 2026, soit un plancher de 8,25 %.

Point de vigilance

Toute facture réglée en retard ouvre droit à une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros, de plein droit et sans rappel, une indemnisation complémentaire restant possible sur justificatifs. Symétriquement, un mauvais payeur s'expose aux sanctions administratives de la DGCCRF : 75 000 euros pour une personne physique, 2 000 000 euros pour une personne morale, montants doublés en cas de réitération dans les deux ans, avec publication systématique. La série publiée le 7 août 2026 s'échelonne de 3 000 à 1 610 000 euros.

La médiation du crédit : le bon réflexe est de saisir tôt

Quand la tension devient financière et non plus seulement commerciale, un dispositif gratuit et confidentiel existe depuis 2009 : la médiation du crédit aux entreprises, portée par la Banque de France, dont nous avons détaillé le fonctionnement dans notre article sur la médiation du crédit. Les directeurs de succursale de la Banque de France en sont les médiateurs départementaux.

La saisine se fait en ligne sur le portail de la médiation, avec une assistance téléphonique au 3414. Le médiateur vérifie l'éligibilité du dossier sous 48 heures, les banques disposent de 5 jours ouvrés pour revoir leur position, et les concours existants sont maintenus pendant la médiation. Les motifs recevables sont concrets : refus de crédit ou de rééchelonnement, réduction de garanties par un assureur crédit, dénonciation d'un découvert, restructuration d'un prêt garanti par l'État.

Bilan 2025 de la médiation du créditCe que le chiffre indique
1 034 dossiers éligiblesLe dispositif traite chaque année plus d'un millier de situations.
64 % de taux de succèsPrès de deux dossiers éligibles sur trois débouchent sur une solution négociée.
5 113 emplois préservés dans 554 entreprisesL'effet se mesure sur l'emploi, pas seulement sur les lignes de financement.
83 % des dossiers émanant de TPE de moins de 11 salariésLe dispositif est d'abord conçu pour les très petites entreprises.
43 % de taux d'éligibilitéPlus d'un dossier sur deux est écarté, le plus souvent parce qu'il arrive trop tard.

Ce dernier chiffre est le plus parlant. Le taux d'éligibilité de 43 % en 2025 se compare à 64 % en 2019, et la Banque de France attribue cette baisse à la saisine trop tardive des dirigeants : 22 % des rejets tiennent à une situation déjà trop dégradée, contre 13 % en 2022. Le message utile n'est donc pas que la médiation existe, mais qu'elle se saisit tôt, au premier refus, pendant qu'une négociation reste possible.

Ce que change une trésorerie réellement pilotée

Un dirigeant qui dispose de son plan à jour ne découvre plus ses échéances fiscales et sociales au dernier moment. Il prépare ses rendez vous bancaires avec un document chiffré, arbitre un investissement en connaissance de cause et décale une dépense sans improviser. Il repère aussi assez tôt les signaux qui appellent une action de fond, ce qui rejoint notre accompagnement pour redresser le cap avant le déclin.

Nous vous formons à l'outil pour que vous le teniez vous même, avec un appui de notre part au rythme que vous choisissez.

À retenir

Un plan de trésorerie n'a de valeur que s'il vit : c'est la mise à jour mensuelle et la comparaison entre le prévu et le réalisé qui transforment le tableau en outil de décision.

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