Votre partenaire gestion au nord de Paris
Réunion informelle dans un bureau ouvert, une jeune femme prend la parole devant ses collègues

Qui sont les femmes créatrices d'entreprise en Hauts de France ?

La part des femmes créatrices d'entreprise se mesure avec deux chiffres qui circulent souvent l'un pour l'autre : 44 % des créateurs d'entreprises individuelles en 2025 selon l'INSEE, 39 % des créations tous statuts confondus selon le baromètre DGE-Bpifrance 2026. Ils ne comptent pas la même chose. Et pour les Hauts-de-France, il faut le dire franchement : il n'existe pas de donnée régionale récente.

44 % des créateurs d'entreprises individuelles sont des femmes

Selon l'INSEE, dans sa publication INSEE Première n° 2092 du 28 janvier 2026, 44 % des créateurs d'entreprises individuelles en 2025 sont des femmes, une proportion stable d'une année sur l'autre. Le périmètre est précis : il s'agit des personnes physiques qui immatriculent une entreprise individuelle, micro-entreprise comprise, et pas des associés fondateurs de sociétés. C'est le chiffre le plus solide dont on dispose, parce qu'il est tiré du répertoire des entreprises et non d'une enquête déclarative. Les articles consacrés à la création rappellent régulièrement ce type de distinction, qui change complètement la lecture d'un pourcentage.

Ce niveau de 44 % traduit une réalité concrète du terrain : dans les services à la personne, la formation, le bien-être, le conseil, l'esthétique ou la santé, la création individuelle est très largement portée par des femmes. Ces activités demandent peu de capital de départ, ce qui explique à la fois leur accessibilité et leur fragilité économique quand aucun prévisionnel n'a été construit. La forme individuelle n'est pas un sous-statut, mais elle expose davantage à l'irrégularité du revenu.

Une précision utile pour lire ce chiffre dans la durée : la stabilité de la part féminine s'observe alors que le volume total de créations bat des records, avec 1 165 800 entreprises créées en France en 2025 selon l'INSEE. Une proportion stable sur un volume qui grossit signifie donc que le nombre de créatrices augmente en valeur absolue. C'est un point que les commentaires oublient souvent, en confondant part de marché et effectif réel.

39 % des créations tous statuts confondus : ne confondez pas les deux

Le second chiffre vient du baromètre DGE-Bpifrance publié le 13 mars 2026 : 39 % des créations d'entreprise, tous statuts confondus, sont portées par des femmes. Il englobe les sociétés, donc les projets à plusieurs associés, les activités qui demandent un investissement de départ et celles qui recrutent. La différence entre 44 % et 39 % ne signale aucun recul : elle mesure simplement que la part des femmes est plus faible du côté des sociétés que du côté des entreprises individuelles. Écrire que la part des créatrices baisse de 44 % à 39 % est une erreur de lecture, pas un constat. Avant de choisir votre forme juridique, une étude de marché sérieuse pèse davantage que le statut lui-même.

Schema comparant les deux perimetres de mesure, 44 pour cent des createurs d entreprises individuelles et 39 pour cent des creations tous statuts confondusSchéma de lecture des deux indicateurs les plus cités sur l'entrepreneuriat des femmes, avec leur source et leur périmètre respectifs.Deux chiffres, deux périmètres différents44 %des créateurs d'entreprisesindividuelles sont des femmesINSEE, année 202539 %des créations, tous statutsconfondus, sociétés inclusesBaromètre DGE-Bpifrance 2026Le premier ne compte que les personnes physiques, le second ajoute les sociétésCes deux valeurs ne se comparent pas et ne se suivent pas dans le temps
Schéma de lecture des deux indicateurs les plus cités sur l'entrepreneuriat des femmes, avec leur source et leur périmètre respectifs.

Un troisième repère complète le tableau : selon le même baromètre, 29 % des dirigeants d'entreprise sont des femmes en 2025, contre 26 % en 2021. La progression est réelle mais lente, et elle se joue autant sur la reprise et la transmission que sur la création. La motivation déclarée a nettement bougé : le fait d'être son propre patron passe de 27 % à 37 % des réponses.

Point de vigilance

44 % et 39 % ne mesurent pas la même population. Le premier est la part des femmes parmi les créateurs d'entreprises individuelles, mesurée par l'INSEE. Le second est la part des créations portées par des femmes tous statuts confondus, mesurée par le baromètre DGE-Bpifrance. Les mettre dans la même phrase pour décrire une évolution est une erreur.

Hauts-de-France : aucune donnée récente, et il faut le dire

C'est le point le plus inconfortable de ce sujet. Les seules publications régionales de l'INSEE sur la part des femmes dans la création d'entreprise en Hauts-de-France portent sur la cohorte 2014. Elles indiquaient alors 28 % de créatrices, soit 2 245 femmes, une progression de 19 % du nombre de créations féminines entre 2010 et 2014, un Pas-de-Calais et une Somme au-dessus de la moyenne régionale, à 32 % et 30 %, et un Nord en dessous, à 26 %. Ces valeurs ont plus de dix ans. Elles décrivent un état du tissu économique antérieur à la fusion des régions, antérieure à la réforme du statut de l'entrepreneur individuel et antérieure à l'explosion du régime micro. Les citer comme actuelles serait malhonnête.

Concrètement, cela veut dire qu'aucun chiffre régional publié ne permet aujourd'hui d'affirmer que les Hauts-de-France seraient au-dessus ou en dessous de la moyenne nationale sur l'entrepreneuriat des femmes. Les seuls chiffres régionaux récents et fiables portent sur l'ensemble des créations, sans distinction de sexe : 71 783 créations d'entreprises en 2025, en hausse de 2,7 %, dont 67 % de micro-entrepreneurs, selon l'INSEE Flash Hauts-de-France n° 178. Le témoignage d'une créatrice accompagnée sur son financement en dit souvent plus long sur la réalité d'un dossier que n'importe quelle moyenne.

Cette absence de statistique régionale n'empêche pas d'agir, elle empêche de généraliser. Un accompagnement se construit sur le dossier qui est devant vous, pas sur une moyenne territoriale : la nature du marché visé, la saisonnalité de l'activité, le niveau d'apport, la charge familiale supportée pendant les premiers mois. Ce sont ces éléments qui font la différence entre un projet qui passe la deuxième année et un projet qui s'arrête faute de trésorerie, bien avant la question du sexe du créateur.

Accompagnement et financement : deux écarts qui durent

Les écarts documentés ne portent pas sur la capacité à créer, mais sur ce qui entoure la création. Selon le baromètre DGE-Bpifrance 2026, 32 % des femmes créatrices déclarent avoir été accompagnées, contre 39 % des hommes. L'écart est du même ordre sur le financement externe : 32 % des créatrices y ont recours, contre 40 % des créateurs. Sept points d'écart sur l'accompagnement, huit sur le financement, ce n'est pas un détail statistique : c'est un projet sur douze qui démarre sans regard extérieur et sans levier bancaire. Un dossier bien monté, avec un prévisionnel et un plan de trésorerie sur douze mois, corrige une partie de cet écart, parce qu'il change la nature de la discussion avec la banque.

Diagramme en barres comparant femmes et hommes sur l accompagnement, le financement externe et la perennite a cinq ans des micro-entrepreneursLes deux premiers écarts sont issus du baromètre DGE-Bpifrance publié le 13 mars 2026. Le troisième est le taux de survie à cinq ans des micro-entrepreneurs immatriculés en 2018, mesuré par l'INSEE.Femmes et hommes créateurs, trois écarts mesurés32 %39 %32 %40 %45 %36 %AccompagnementFinancement externeEncore actifs à 5 ansBarres foncées : femmes. Barres claires : hommes.
Les deux premiers écarts sont issus du baromètre DGE-Bpifrance publié le 13 mars 2026. Le troisième est le taux de survie à cinq ans des micro-entrepreneurs immatriculés en 2018, mesuré par l'INSEE.

Le troisième écart va dans l'autre sens, et il est rarement cité. Sur la pérennité à cinq ans des micro-entrepreneurs, 45 % des femmes sont encore actives contre 36 % des hommes. Deux lectures possibles, aucune n'est certifiée : des projets plus modestes donc plus soutenables, ou une plus grande prudence dans l'engagement de charges. Ce qui est certain, c'est que la moindre exposition au financement externe ne se traduit pas par une moindre survie.

Les dispositifs qui existent vraiment en 2026

Le dispositif le plus concret reste la garantie ÉGALITÉ Femmes, gérée par France Active, ancien fonds de garantie à l'initiative des femmes. Elle s'adresse aux femmes créatrices ou repreneuses demandeuses d'emploi ou en situation de précarité, pour une entreprise de moins de trois ans. Elle couvre jusqu'à 50 000 euros d'emprunt, avec une quotité garantie pouvant atteindre 80 %, sur une durée maximale de 84 mois, pour un coût de 2,5 % flat. Le point décisif : elle se met en place sans caution personnelle. C'est précisément ce qui bloque un grand nombre de dossiers bancaires, et c'est le premier levier à examiner quand la banque demande une garantie sur le patrimoine du foyer.

  • Force Femmes

    Accompagnement gratuit des femmes de plus de 45 ans en recherche d'emploi qui créent ou reprennent une entreprise, par des bénévoles issus du monde professionnel.

  • Femmes des Territoires

    Réseau d'entraide entre créatrices, organisé localement. Utile quand l'isolement est le vrai frein, avant même le financement.

  • Action'elles et Les Premières

    Association de dirigeantes et fédération d'incubateurs mixtes. Les Premières accompagnent des projets à potentiel de croissance, avec un suivi structuré.

  • CCI Hauts-de-France

    Ateliers du créateur-repreneur et formation de 19 jours, programmés en 2026 à Lens, Béthune, Senlis, Soissons et Abbeville.

À retenir

La garantie ÉGALITÉ Femmes ne remplace pas un dossier. Elle sécurise la banque sur une partie du risque, à condition que le prévisionnel tienne. L'ordre des opérations est toujours le même : chiffrer le besoin de financement, construire le plan de trésorerie, puis solliciter la garantie, jamais l'inverse.

  1. Chiffrer le besoin réel

    Investissement de départ, besoin en fonds de roulement, trésorerie de sécurité sur trois mois. Un besoin sous-évalué est la première cause de refus.

  2. Écrire le prévisionnel

    Hypothèses de chiffre d'affaires justifiées par une prospection réelle, charges au réel, et un scénario dégradé assumé.

  3. Vérifier l'éligibilité à la garantie

    Entreprise de moins de trois ans, situation personnelle, montant et durée du prêt sollicité.

  4. Négocier sans caution personnelle

    La quotité garantie jusqu'à 80 % est l'argument à poser sur la table dès le premier rendez-vous bancaire.

  5. Installer le suivi dès le premier mois

    Encaissements, décaissements, encours client. Le financement obtenu ne dispense pas du pilotage, il l'impose.

Le point commun de ces dispositifs, c'est qu'ils supposent une démarche active : aucun ne se déclenche automatiquement à l'immatriculation. L'écart de sept points sur l'accompagnement se referme d'abord en poussant une porte, celle d'un réseau, d'une chambre consulaire ou d'un accompagnement en stratégie d'entreprise, avant que les premières factures impayées ne rendent la discussion urgente.

La lettre d'information de Deffiperf Gestion

Un point de gestion par courriel, sans publicité et sans revente d'adresse. Désinscription en un clic dans chaque envoi.

Nous joindre

Parler à Christophe Crouzat

Un échange de dix minutes suffit souvent à cadrer un besoin. Appelez, écrivez, ou laissez un message par le formulaire.

Du lundi au vendredi, de 9 h à 18 h